I - Caricatures révolutionnaires
II - Anticléricalisme républicain du XIXe siècle
III - La séparation de l'Église et de l'État
IV - Les luttes pour les droits des femmes
V - La dérision
VI - Caricatures contemporaines
Prendre conscience de l’identité européenne, (…) c’est (…) prendre conscience de la chance, que nous devons défendre et mériter, de vivre en hommes libres, c’est aussi retrouver le sens des valeurs culturelles qui fondent l’humanisme européen. Simone VEIL
jeudi 22 janvier 2015
dimanche 11 janvier 2015
C’est à vous que j’ai pensé - Addendum-bis
Dessin de Julien NEEL, trouvé quelque part en ligne, je ne sais plus ou, mais très clair. Il ya aussi de jolis trucs ici.
samedi 10 janvier 2015
mercredi 7 janvier 2015
C’est à vous que j’ai pensé
Mes élèves,
que vous soyez mes élèves aujourd’hui ou mes élèves d’hier,
c’est à vous que j’ai pensé avant midi, ce mercredi, les yeux devant mon ordinateur, en me
disant que je vous faisais une bien grande infidélité en étant en congé paternité.
Comme je le disais hier encore à des élèves de terminale STMG, « professeur,
c’est un métier à temps plein », y compris quand on est « pas au
travail ».
C’est à vous que j’ai pensé, car je ne serai pas là - et pour certains je suis bien loin - demain
jeudi ou après-demain vendredi au lycée, pour vous dire « on pose tout et on parle de ce
qui vient de se dérouler ». Pour dire et avouer que « oui, j’ai
chialé ». Chialé, car il faut vraiment être le pire des monstres pour
orchestrer à Paris un massacre de la sorte.
Pour venir tuer Cabu, le papa du
Grand Duduche et une part de mon enfance [http://www.20minutes.fr/medias/1511891-20150107-attaque-charlie-hebdo-cabu-papa-grand-duduche-mort].
Pour venir tuer Wolinski, cet
irrévérencieux qui avait un si grand amour des femmes [http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Wolinski].
Pour tuer Tignous dont la mise en évidence des inégalités de ce monde était
nécessaire [http://fr.wikipedia.org/wiki/Tignous].
Je n’avais aucune affection
pour le style de dessin caca-prout de Charb, mais son indécence et sa provocation
restaient délicieux [http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2015/01/07/charb-je-prefere-mourir-debout-que-vivre-a-genoux_4550759_3236.html].
Depuis Louis-Philippe (1830-1848) et Daumier, le droit à la caricature
est ancré en France, et l’on n'a pas à accepter que ce droit amène la mort
sous les balles au cœur de notre pays, au cœur de notre Europe.
Soyez en
colère, soyez indignés, mais ne soyez pas aveuglés par cette colère. Ne vous trompez pas de
lecture. Prenez du recul et restez ouverts d'esprit, ne partez pas dans les amalgames trop faciles que certains appellent depuis
quelques années de leurs vœux, exigeants au creux des commentaires sur Internet que
la communauté musulmane française se "désolidarise" de chacun des actes criminels
qui sont effectués au nom d’Allah car ils sont effectués au nom d'Allah, alors qu'elle n'est en rien solidaire et montre son indignation, ou exposant que les musulmans de France ne seraient
pas assez « intégrés » et cette religion incompatible avec la démocratie, dans la continuité d'un discours colonial des
années 1900 ou d'une Algérie "française" des années 1950. Ne rentrez pas dans la banalisation et le populisme que même le dernier roman à
venir met en avant mais dont l’auteur se cache derrière une pseudo qualité
littéraire pour ne pas reconnaître qu’il cherche un succès de lecture en
soufflant sur le feu. Lorsque l’Armée du seigneur, toute à sa foi chrétienne dans sa guérilla en
Angola, décide d’appliquer les 10 commandements comme seule Loi et de détruire les mosquées au bulldozer, nous rappelant encore que le terrorisme n'a pas de Dieu,
ces grands défenseurs d’un occident qui seraient avant tout chrétien ne s’offusquent
pas.
Derrière ces morts, c’est NOUS qui sommes attaqués. Derrière
ces morts, c’est notre choix de vie, de vivre ensemble, qui est attaqué. C’est
notre République, ses droits de l’homme, ses droits
d’expression.
La France est le pays du droit à la désobéissance. Du droit
à la caricature. Du droit à la désacralisation. Du devoir d'irrévérence. Et du droit à la défense de l’Homme,
dans son sens universel.
C’est à vous que j’ai pensé, à vous et à ma fille. Car
ce n’est pas dans ce monde là que l’on souhaite vous voir grandir.
Vi bacio, tutti.
B. Varennes
vendredi 2 janvier 2015
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