Unité nationale et nationalisme en France – enraciner la République 1848 ; 1870
1. Extrait du discours de Lamartine
sur le parvis de l’Hôtel de Ville le 25 fév. 1848
« Citoyens,
vous pouvez faire violence au gouvernement, vous pouvez lui commander de
changer le drapeau de la nation et le nom de la France. Si vous êtes assez mal
inspirés et assez obstinés dans votre erreur pour lui imposer une République de
parti et un pavillon de terreur, le gouvernement, je le sais, est aussi décidé
que moi-même à mourir plutôt que de se déshonorer en vous obéissant. Quant à
moi, jamais ma main ne signera ce décret. Je repousserai jusqu'à la mort ce
drapeau de sang, et vous devez le répudier plus que moi, car le drapeau rouge
que vous rapportez n’a jamais fait que le tour du Champs-de-Mars, traîné dans
le sang du peuple en 91 et en 93, et le drapeau tricolore a fait le tour du
monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. »
2. Le choix du drapeau tricolore en
1848
3. La naissance de la IIIe
République et son opposition avec la Commune en 1871
a. L’œuvre
de la Commune (18 mars – 29 mai 1871)
« La Commune de Paris, Considérant que
le premier des principes de la République française est la liberté ;
considérant que la liberté de conscience est la première des libertés ;
considérant que le budget des cultes est contraire au principe, puisqu'il impose
les citoyens contre leur propre foi ; considérant, en fait, que le clergé
a été le complice des crimes de la monarchie contre la liberté, décrète :
ARTICLE PREMIER. - L'Église est séparée de
l'État.
ART. 2. - Le budget des cultes est supprimé.
ART. 3 - Les biens dits de mainmorte[1],
appartenant aux congrégations religieuses, meubles et immeubles, sont déclarés
propriétés nationales. »
Paris, le 3 avril 1871
b. Proclamation
aux Parisiens de Adolphe Thiers chef
de l’exécutif de la III République, le 8 mai 1871
« La France, librement consultée par le
suffrage universel, a élu un gouvernement qui est le seul légal (...). Le
gouvernement vous a donné les mêmes droits que ceux dont jouissent Lyon,
Marseille, Toulouse, Bordeaux vous ne pouvez demander plus de droits que n'en
ont toutes les autres villes du territoire.
En
présence de ce gouvernement, la Commune, c'est-à-dire la minorité qui vous
opprime et qui ose se couvrir de l'infâme drapeau rouge, a la prétention
d'imposer à la France ses volontés. Elle viole les propriétés, emprisonne les
citoyens pour en faire des otages, transforme en désert vos rues et vos places
publiques où s'étale le commerce du monde, suspend le travail dans Paris, le
paralyse dans la France entière, retarde l'évacuation du territoire par les
Allemands et vous expose à une nouvelle attaque de leur part qu'ils se
déclarent prêts à exécuter sans merci si nous ne venons pas nous-même comprimer
l'insurrection. »
[1] Les biens de
mainmorte étaient ceux des congrégations religieuses. Leur propriétaire ayant
une existence indéfinie, ils ne payaient pas de droit de succession.
4. Les pertes
territoriales liées au traité de Francfort (10 mai 1871)
Par le Traité de Francfort, la France perd une partie de ses territoires de
l’est ou se trouve 20% de son potentiel minier et sidérurgique, en particulier
la Haute Alsace réunie à la couronne de France par Louis XIV en 1648. Elle
s’engage à verser une indemnité de 6 milliards de francs, abaissée à 5
milliards en échange d’un défilé des troupes allemandes sur les Champs-Élysées.
5. Exposition du
catafalque de Victor Hugo sous
l’Arc de Triomphe drapé de noir (31 mai 1885)
Victor
Hugo (1802-1885), poète et homme politique français, a par ses choix marqué la
IIIe République dont il est l’un des emblèmes avec Émile Zola. Immigré à Jersey et Guernesey durant
le second empire, il participe à la défense de la ville et est élu à
l’assemblée nationale en février 1871. Plutôt favorable à la Commune, il
délaisse la politique jusqu’à son élection au Sénat le 30 janvier 1876. À sa
mort la République transforme l’église Sainte-Geneviève de Paris en Panthéon des
grands hommes de la République où il est le premier à trouver sépulture.
6. Chronologie
1848
- 22-25 février, 2e
Révolution, fin du règne de Louis-Philippe
- 24 février, Lamartine et les
révolutionnaires parisiens proclament la IIde République sur les
principes de 1789. Des socialistes et un ouvrier se trouvent au gouvernement
- 25 février, Lamartine
refuse le drapeau rouge
- 22-28 juin, les
manifestations du peuple de Paris qui réclame des mesures sociales sont matées
par la troupe
- 4 novembre, vote d’une
constitution conservatrice
- 10 et 11 décembre, élection
présidentielle, Louis Napoléon Bonaparte élu
1852, 2 décembre, sacre de Napoléon
III
1870
- 2 septembre : défaite de
Sedan ; l’empereur est déchu
- 4 sept. : proclamation
de la IIIe République
1871
- 26 janvier : Armistice
franco-Allemand
- 1er mars :
défilé des troupes allemandes sur les Champs-Élysées
- 10 mars, l’Assemblée
Nationale s’installe à Versailles
- 18 mars / 29 mai :
Commune de Paris
- 10 mai, Traité de Francfort
1873 - septembre - octobre :
échec de la tentative de restauration monarchique
1875, février-juillet, vote des
Lois Constitutionnelles
1879, 14 février : La
Marseillaise devient hymne national
1880, 6 juillet : le 14
juillet devient fête nationale
1881, 16 juin : Loi Ferry sur
la gratuité de l’école
1882, 28
mars : Loi Ferry sur l’école primaire obligatoire et laïque
1885, 1er Juin : funérailles de Victor
Hugo
1889, exposition universelle de Paris, construction de la
Tour Eiffel
1894, septembre, début de l’Affaire Dreyfus, soupçonné de
trahison avec l’Allemagne (fin en 1899, Dreyfus est gracié)
1898, 13 janvier, Émile Zola publie « J’accuse »
dans l’Aurore pour soutenir Dreyfus
1904, 30 juillet, rupture des relations diplomatiques avec le
Vatican
1905, 9 décembre, loi de Séparation des Églises et de l’État
condamnée par le pape Pie X
1906, 12 juillet, Dreyfus est réhabilité
1908, 4 juin,
inhumation d’Émile Zola au Panthéon
Question
1. (Doc. 1, 2 et 3b) Quelle est la tentation du peuple de
Paris en 1848 et en 1870 ? Comment s’exprime-t-elle ?
2. (Doc. 3 a et b, 6) Présentez l’œuvre de la
Commune. Pourquoi est-elle rejetée par Thiers ? En quoi est-elle
prémonitoire ?
3. (Doc. 4 et 6) Pourquoi le traité de Francfort est-il
humiliant pour la France de la fin du XIXe siècle ? Pourquoi peut-on dire
qu’il porte les germes de la première Guerre Mondiale ?
4. (Doc. 5 et 6) Quels sont les moyens utilisés par
la République pour s’enraciner au tournant du siècle ?
Paragraphe – La construction de la République Française dans la seconde moitié du XIXe
siècle, entre division politique interne et contexte extérieur difficile.

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