lundi 28 janvier 2013

Per Viterbo


Unité nationale et nationalisme en France – enraciner la République 1848 ; 1870
1. Extrait du discours de Lamartine sur le parvis de l’Hôtel de Ville le 25 fév. 1848
« Citoyens, vous pouvez faire violence au gouvernement, vous pouvez lui commander de changer le drapeau de la nation et le nom de la France. Si vous êtes assez mal inspirés et assez obstinés dans votre erreur pour lui imposer une République de parti et un pavillon de terreur, le gouvernement, je le sais, est aussi décidé que moi-même à mourir plutôt que de se déshonorer en vous obéissant. Quant à moi, jamais ma main ne signera ce décret. Je repousserai jusqu'à la mort ce drapeau de sang, et vous devez le répudier plus que moi, car le drapeau rouge que vous rapportez n’a jamais fait que le tour du Champs-de-Mars, traîné dans le sang du peuple en 91 et en 93, et le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. »
2. Le choix du drapeau tricolore en 1848
3. La naissance de la IIIe République et son opposition avec la Commune en 1871
a. L’œuvre de la Commune (18 mars – 29 mai 1871)
« La Commune de Paris, Considérant que le premier des principes de la République française est la liberté ; considérant que la liberté de conscience est la première des libertés ; considérant que le budget des cultes est contraire au principe, puisqu'il impose les citoyens contre leur propre foi ; considérant, en fait, que le clergé a été le complice des crimes de la monarchie contre la liberté, décrète :
ARTICLE PREMIER. - L'Église est séparée de l'État.
ART. 2. - Le budget des cultes est supprimé.
ART. 3 - Les biens dits de mainmorte[1], appartenant aux congrégations religieuses, meubles et immeubles, sont déclarés propriétés nationales. »
Paris, le 3 avril 1871
b. Proclamation aux Parisiens de Adolphe Thiers chef de l’exécutif de la III République, le 8 mai 1871
« La France, librement consultée par le suffrage universel, a élu un gouvernement qui est le seul légal (...). Le gouvernement vous a donné les mêmes droits que ceux dont jouissent Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux vous ne pouvez demander plus de droits que n'en ont toutes les autres villes du territoire.
En présence de ce gouvernement, la Commune, c'est-à-dire la minorité qui vous opprime et qui ose se couvrir de l'infâme drapeau rouge, a la prétention d'imposer à la France ses volontés. Elle viole les propriétés, emprisonne les citoyens pour en faire des otages, transforme en désert vos rues et vos places publiques où s'étale le commerce du monde, suspend le travail dans Paris, le paralyse dans la France entière, retarde l'évacuation du territoire par les Allemands et vous expose à une nouvelle attaque de leur part qu'ils se déclarent prêts à exécuter sans merci si nous ne venons pas nous-même comprimer l'insurrection. »


[1] Les biens de mainmorte étaient ceux des congrégations religieuses. Leur propriétaire ayant une existence indéfinie, ils ne payaient pas de droit de succession.
4. Les pertes territoriales liées au traité de Francfort (10 mai 1871)
Par le Traité de Francfort, la France perd une partie de ses territoires de l’est ou se trouve 20% de son potentiel minier et sidérurgique, en particulier la Haute Alsace réunie à la couronne de France par Louis XIV en 1648. Elle s’engage à verser une indemnité de 6 milliards de francs, abaissée à 5 milliards en échange d’un défilé des troupes allemandes sur les Champs-Élysées.
5. Exposition du catafalque de Victor Hugo sous l’Arc de Triomphe drapé de noir (31 mai 1885)
Victor Hugo (1802-1885), poète et homme politique français, a par ses choix marqué la IIIe République dont il est l’un des emblèmes avec Émile Zola. Immigré à Jersey et Guernesey durant le second empire, il participe à la défense de la ville et est élu à l’assemblée nationale en février 1871. Plutôt favorable à la Commune, il délaisse la politique jusqu’à son élection au Sénat le 30 janvier 1876. À sa mort la République transforme l’église Sainte-Geneviève de Paris en Panthéon des grands hommes de la République où il est le premier à trouver sépulture.

6. Chronologie
1848
- 22-25 février, 2e Révolution, fin du règne de Louis-Philippe
- 24 février, Lamartine et les révolutionnaires parisiens proclament la IIde République sur les principes de 1789. Des socialistes et un ouvrier se trouvent au gouvernement
- 25 février, Lamartine refuse le drapeau rouge
- 22-28 juin, les manifestations du peuple de Paris qui réclame des mesures sociales sont matées par la troupe
- 4 novembre, vote d’une constitution conservatrice
- 10 et 11 décembre, élection présidentielle, Louis Napoléon Bonaparte élu
1852, 2 décembre, sacre de Napoléon III
1870
- 2 septembre : défaite de Sedan ; l’empereur est déchu
- 4 sept. : proclamation de la IIIe République
1871
- 26 janvier : Armistice franco-Allemand
- 1er mars : défilé des troupes allemandes sur les Champs-Élysées
- 10 mars, l’Assemblée Nationale s’installe à Versailles
- 18 mars / 29 mai : Commune de Paris
- 10 mai, Traité de Francfort

1873 - septembre - octobre : échec de la tentative de restauration monarchique
1875, février-juillet, vote des Lois Constitutionnelles
1879, 14 février : La Marseillaise devient hymne national 
1880, 6 juillet : le 14 juillet devient fête nationale 
1881, 16 juin : Loi Ferry sur la gratuité de l’école 
1882,  28 mars : Loi Ferry sur l’école primaire obligatoire et laïque 
1885, 1er Juin : funérailles de Victor Hugo
1889, exposition universelle de Paris, construction de la Tour Eiffel
1894, septembre, début de l’Affaire Dreyfus, soupçonné de trahison avec l’Allemagne (fin en 1899, Dreyfus est gracié)
1898, 13 janvier, Émile Zola publie « J’accuse » dans l’Aurore pour soutenir Dreyfus
1904, 30 juillet, rupture des relations diplomatiques avec le Vatican
1905, 9 décembre, loi de Séparation des Églises et de l’État condamnée par le pape Pie X
1906, 12 juillet, Dreyfus est réhabilité
1908, 4 juin, inhumation d’Émile Zola au Panthéon
Question
1. (Doc. 1, 2 et 3b) Quelle est la tentation du peuple de Paris en 1848 et en 1870 ? Comment s’exprime-t-elle ?
2. (Doc. 3 a et b, 6) Présentez l’œuvre de la Commune. Pourquoi est-elle rejetée par Thiers ? En quoi est-elle prémonitoire ?
3. (Doc. 4 et 6) Pourquoi le traité de Francfort est-il humiliant pour la France de la fin du XIXe siècle ? Pourquoi peut-on dire qu’il porte les germes de la première Guerre Mondiale ?
4. (Doc. 5 et 6) Quels sont les moyens utilisés par la République pour s’enraciner au tournant du siècle ?
Paragraphe – La construction de la République Française dans la seconde moitié du XIXe siècle, entre division politique interne et contexte extérieur difficile.

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